Ne perdez pas le fil ! ASV ? Cui cui La télé Game Sphere

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En développement depuis plus de trois ans, Aaru’s Awakening débarque sur PC, Mac et Linux pour le plus grand plaisir des fans de platformers. Après nous avoir dévoilé son gameplay novateur il y a peu dans une démo, nos attentes sont grandes quant à ce titre qui s’annonce des plus prometteurs. Mais le joueur averti sait bien que lorsqu’il trépigne d’impatience, il peut aussi tomber de haut…

L’âge du mythe

Il y a bien longtemps, notre monde était en proie à d’incessantes guerres entre quatre frères ; Aube, Jour, Crépuscule et Nuit se livraient une lutte de pouvoir sans merci qui plongea le monde dans un chaos sans nom. Contemplant le désastre, les quatre dieux décidèrent finalement de trouver un accord qui assurerait une paix durable. Chacun des frères gouvernerait alors une fois par jour dans un cycle qui permettrait la stabilité du monde. Ce système se mit en place et fonctionna parfaitement, la paix était de nouveau parmi les hommes.
Mais un beau jour, Aube eut peur. Il eut peur que Nuit – qui venait chaque jour dévorer la lumière qu’il avait créée – ne veuille prendre la place de ses trois frères. Anticipant la catastrophe, Aube la provoqua et se mit en tête de réveiller son héros Aaru, relique du temps de la guerre. Sur les ordres de son maître, Aaru partit alors en quête du royaume de Nuit afin de détruire ce dernier et de l’empêcher de prendre le pouvoir si difficilement partagé.

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Le royaume de Nuit

Un univers enchanteur

Sitôt l’introduction passée, le charme fait son effet. Visuellement somptueux, Aaru’s Awakening éblouit par son style dessiné qui lui donne une indéniable identité. Au fil du jeu, on sera amené à voyager au travers des quatre différents royaumes sur lesquels règne en maître chacun des frères, assurant ainsi au titre une assez grande diversité quant aux univers proposés.Cette ambiance visuelle attrayante étant de plus accompagnée par une bande son aux sonorités tribales plutôt agréable, les premiers instants de jeu comblent nos attentes.

La progression s’effectuera alors de royaume en royaume, chacun s’achevant sur un combat de boss. Si ces derniers sont visuellement assez bien pensés, on peut tout de même regretter que ces combats ne procurent absolument pas la sensation de bataille que l’on souhaiterait éprouver face à un boss. Certes ils nous attaquent, mais la manière dont nous les détruisons reste quand même assez mystérieuse. Entre chaque royaume l’histoire nous sera contée via un livre, collant ainsi au thème du mythe mais séparant totalement nos actions dans les différents niveaux du déroulement de l’histoire. On a davantage l’impression qu’on nous raconte une histoire à côté de ce que l’on fait plutôt que de servir par nos actions le déroulement de la narration.

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Des boss qui en jettent, du moins visuellement…

Un gameplay audacieux

Seulement voilà, il ne suffit pas d’un bel univers et d’une jolie histoire pour faire un jeu. Côté gameplay, les Islandais de Lumenox ont voulu innover en proposant un système de jeu quelque peu déroutant au premier abord. Les déplacements s’effectuent classiquement via les éternelles touches WASD et sont agrémentées d’un dash grâce à la barre espace. Jusque là vous me direz, tout va bien. Mais c’est sans compter sur la souris… Le clic gauche nous permet de lancer une bille plus ou moins loin à la place de laquelle on pourra se téléporter avec le clic droit. Mais en plus de gérer la visée du lancer de bille, la souris gère aussi la direction du dash. Si vous avez un skill de calamar comme moi ça vous prendra une bonne heure voire plus pour bien maîtriser ce gameplay regorgeant d’informations, mais je ne doute pas qu’un joueur de l’extrême saura se balader en toute tranquillité en quelques dizaines de minutes. Une fois passé ce temps d’adaptation, le gameplay est assez plaisant et bien trouvé malgré une inertie bien trop importante dans les déplacements d’Aaru.

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Des ennemis sont aussi de la partie

 Une architecture bien trop douteuse

Vous l’aurez compris, Aaru’s Awakening s’annonce comme un jeu difficile et croyez moi, il l’est. Mais là où un Super Meat Boy réussit parfaitement à doser la difficulté en renvoyant le joueur à sa propre incompétence en cas d’échec, on ne cesse ici de pester contre la lenteur des déplacements d’Aaru qui nous pourrissent la vie quand après 25 essais on parvient enfin à réaliser le mouvement que l’on souhaitait effectuer. Certains diront qu’appréhender l’inertie et les défauts de déplacement du personnage font partie de l’apprentissage du gameplay, et pourquoi pas. Mais affronter un level design aussi cruel et étonnamment conçu relève tout bonnement de la torture. Le jeu se veut être un die’n’retry pur et dur et il y parvient, mais il est tout simplement impossible de ne pas mourir pour avancer. Ca peut paraître attirant, c’est horriblement frustrant. Le niveau ne se révèle qu’à mesure de nos avancées, et lorsque vous avez passé 5 minutes à batailler avec les injustices des déplacements d’Aaru pour tenter de franchir un obstacle, que par miracle vous y parvenez enfin et qu’un ennemi sort de nulle part pour vous renvoyer à la case départ, ça fait mal. Rajoutez à cela des obstacles souvent difficilement différentiables des éléments de décor et vous obtenez de la frustration en barre, ruinant ainsi toutes nos espérances et notre plaisir par la même occasion.

Un potentiel malheureusement gâché

Après m’avoir enchanté lors des premières minutes de jeu grâce à son ambiance visuelle en parfaite adéquation avec sa bande son et son histoire sur le ton du mythe, Aaru’s Awakening n’aura eu de cesse de décevoir et d’énerver durant la suite des 4 ou 5 heures qu’il m’a fallu pour en venir à bout. Si certains passages sont plaisants ils sont malheureusement bien trop peu nombreux pour satisfaire sur l’ensemble de la durée de jeu, d’ailleurs bien courte pour qui arrive à dominer rapidement les déplacements d’Aaru. Pour les plus téméraires, notez qu’un mode Infernal sans checkpoint ni sauvegarde est disponible une fois le jeu terminé, de quoi rallonger un peu la durée du titre. Malgré un gameplay original agréable une fois maîtrisé, le jeu se trouve totalement détruit par son level design anti naturel et sadique au possible. Comme quoi toutes les composantes d’un jeu doivent être au rendez-vous pour une expérience réussie…

Notez tout de même que les Speedrunners fous pourront y trouver leur compte, le jeu étant bien plus agréable lors du deuxième passage. Les développeurs ont d’ailleurs pensé à eux en intégrant un chrono au jeu, une jolie attention pour ceux qui seront probablement les seuls porte drapeaux du jeu.

Review

ProsCons
- Un univers somptueux
- Un gameplay novateur et exigeant
- Une histoire sous forme de mythe
- Un level design démoniaque
- Des déplacements bien trop lourdeaux et parfois injustes
- Des boss pas si épiques
Rating
56%

Trailer – Aaru’s Awakening

 

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