Test : War of the Roses
Le soleil est déjà bas dans l’horizon, mais la bataille a fait rage, et le chevalier a finalement atteint une taverne, après une journée rude. Toutefois, tandis qu’il se repose, assis à l’une des tables de la taverne moite et miteuse, la porte s’ouvre en fracas, et son écuyer se précipite à l’intérieur, ayant aperçu le cheval de son Sire.
“Sire, sire, vous voila enfin !” s’écrit-t-il, se précipitant vers la table, où l’homme est assis, heaume ôté. Il lève les yeux, manifestement dérangé dans sa méditation, et boit une longue rasade dans sa choppe, avant de la reposer bruyamment contre le bois fatigué de la table.
“Je craignais le pire, Sire ! Je pensais qu’ils vous avaient fait prisonnier, ou pire !” s’exclame l’écuyer, nonobstant la manifeste fatigue de l’homme. En effet, rappelons nous, durant cette triste période que fut la “War of the Roses” en Angleterre, opposant la maison Lancaster à la maison York, toutes deux branches de la maison royale des Plantagenets, les chevaliers de haut rang n’étaient pas épargnés, durant les batailles, car une fois capturés, ils perdaient leur statut et leurs propriété, n’étant ainsi d’aucune utilité à leur adversaire.

S’asseyant à la table, l’écuyer regarde le chevalier, les yeux brillants d’excitation. Il est jeune et peu expérimenté, cible de toutes les fougues et curiosités que la jeunesse peut apporter. “Alors, comment cela s’est-il passé, mon bon Sire ?” demande-t-il, ne tenant pas sur place. Le chevalier soupire, ne supportant pas cette appellation de Sire, alors qu’il n’est lui même qu’un pion sur l’échiquier des nobles influents, et il se recule dans sa chaise, croisant les bras. “Eh bien, comme tu peux le voir, je suis envie. Je dois dire que ce matin, l’humeur n’était pas au beau fixe. Notre division n’a eu que très peu de choix, au niveau des champs de bataille. A part quatre ou cinq endroits, rien d’autre ne nous a été proposé.” commence-t-il.
“Comment se fait-ce donc, mon bon Sire ? Pourtant, j’ai ouïe dire que les affrontements s’étalent dans toute l’Angleterre…” s’exclame le jeune écuyer, avant d’être interrompu.
“Certes, certes, je ne saurais expliquer pourquoi nos chefs nous ont cantonnés de la sorte, je pense que nous aurions pu être utiles à bien d’autres endroits… Toutefois, j’ai été très agréablement surpris par la quantité d’équipement qui a été mis à notre disposition !”
“En effet, bien des armures et différentes armes nous étaient proposées, selon les affinités de chacuns. Bien sur, leur disponibilité dépendait des moyens de chaque chevalier, ainsi que de son rang militaire, mais même les plus jeunes avaient un large choix. Plutôt que de leur imposer des armes en particulier, le chef leur permettait de choisir ce qu’ils voulaient, parmis tous les équipements de piètre qualité, leur permettant de se spécialiser malgré leur inexpérience.”. Finissant sa choppe bruyamment, le chevalier lève la tête, et appelle le patron de la taverne, en réclamant une autre. Il secoue la tête, pensivement.

“Non, vraiment, j’ai été impressionné par cette débauche de moyens. Chaque équipement pouvait ensuite être modifié selon notre bon vouloir. Différents types de lames, de pommeaux, d’équilibrage… Une fois lancés sur le champ de bataille, nous avons tous été tiraillés. C’était très beau, le soleil couchant sur la plaine ensanglantée du sang de ces chiens d’York, reflétant sur les armures éparses, arrachées de force à leur propriétaire, mais nous n’étions qu’utilisés par nos chefs…”.
Le chevalier s’interrompt un moment, cherchant ses mots, tandis qu’une nouvelle choppe est posée sur la table. “Ce que je veux dire, c’est que nous ne servions que de chair à canon. On nous envoyait massacrer du Yorkais, sans réfléchir, ou sécuriser des zones, mais rien de plus concret. Nous n’avions pas de sentiment de progression, la bataille sembler stagner, même si l’avantage était pris par nos adversaires, ou par nous… Quid de leurs chateaux, et leurs diverses infrastructures ?”. Il secoue la tête à nouveau, grognant, et s’étire sur son tabouret, ôtant ses gants difficilement, ne laissant pas à son écuyer le temps de s’en occupper lui même.
“A l’origine, j’avais choisi l’arc. Je sais bien qu’au début, les batailles sont toujours très viscérales, et les archers ont l’avantage tactique. C’était grisant, tendre la corde, viser au loin, puis la laisser filer. Le temps semblait s’arrêter tandis que ma flèche émettait un sifflement plaisant, suivi d’un craquement encore plus agréable à l’impact avec le crâne de nos adversaires. Et il en va de même avec les arbalètes qui nous étaient fournies, pénétrant les armures, mais si longues à recharger… Toutefois, dès que les rangs de nos adversaires se sont éclaircis, et que je suis descendu avec ma masse, les choses étaient plus particulières…”
“Je me sentais mou, pas en pleine possession de mes mouvements. C’est un sentiment très difficile à décrire, mais je me sentais flottant. Comme si mes coups n’avaient pas d’impact, surtout vu les armures lourdes portées par nos adversaires. Je me sentais à la fois peu précis, flottant et raide, et je peux t’assurer que c’est là un sentiment très peu agréable.”. Le chevalier fronce les sourcils, et caresse le pommeau de la masse accrochée à sa taille, se remémorant la bataille. L’écuyer baisse les yeux, le laissant à sa méditation.
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Alors vous l’aurez compris, War of the Roses accumule aussi bien les défauts que les qualités. Commençons par ces premiers, pour finir sur une touche très positive. Déjà, on regrette amèrement le faible nombre de zones de combat offertes par le soft. On n’ira pas jusqu’à dire qu’il y en a très peu, mais leur nombre reste limité, et l’Angleterre du XV ème siècle peut, à coup sur, offrir bien plus… Idem pour les modes de jeu. Un deathmatch, une sorte de capture de zone, et c’est tout ? Franchement, le contexte si riche de la Guerre des Roses aurait pu proposer infiniment plus, des sièges, etc. Alors on attend de voir, avec des développeurs qui semblent proches de leur jeu, mais bon.
Dernier défaut, qu’il convient de détailler un peu plus, la maniabilité au corps à corps. Ce point n’est pas mauvais, en soit, mais il souffre grandement du syndrome de Mount and Blade (auquel il emprunte totalement son gameplay) : ça flotte. C’est un sentiment difficile à expliquer, mais les combats sont flottant. On a pas assez de punch viscéral quand on frappe un ennemi, ça manque de sentiment kinétique, et la façon dont on se déplace en préparant un coup et en frappant donne cette impression de flottement, assez étrange, mais sacrément molle.
Toutefois, War of the Roses est un jeu qui sait compenser. Il nous propose ainsi une esthétique très réussie : le jeu est sacrément beau. Il est loin d’être parfait, bien sûr, et souffre de performances quelque peu hasardeuses (le jeu consomme pas mal), mais le rendu est très bon, et les effets visuels sont tout simplement sublimes. Rien à dire à ce niveau, c’est très réaliste. Idem pour la personnalisation de son guerrier. Une pléthore indécente d’options nous est offerte, que l’on peut s’offrir avec l’argent gagné aux côtés de l’expérience. Une palanquée d’armes, allant de la hache à l’espadon, en passant par la masse ou la lance, tout en pouvant absolument tout personnaliser (matériau et type de lame, pommeau, position de combat, etc), divers niveaux d’armures, un grand nombre de perks (en mobilité, en combat, en défense, en commandement, etc), pour personnaliser au maximum sa classe. Y a pas à dire, c’est super varié, et il y en a pour tous.

Certains regretteront le système d’expérience et d’argent, limitant au début ce que l’on peut s’offrir, mais ça offre par la même un bon sentiment de progression. Même si le combat en mêlée manque un peu d’un je-ne-sais-quoi pour le rendre plus viscéral, le combat à distance est, quant à lui, absolument jouissif. Que ce soit à l’arc ou à l’arbalète, les projectiles ont un impact absolu sur les autres, émettant un bruit plus qu’agréable, que ce soit au départ qu’à l’arrivée, bien planté. On a de réelles sensations, et ça demande pas mal de skill, donc un tout très agréable. D’autant plus que, et ça vaut pour la mêlée aussi, la localisation des dégâts est plus qu’exemplaire. Le jeu calcule très précisément l’endroit où l’on frappe, que ce soit dans une jointure de l’armure, un trou dans la visière ou autre, et en fonction du type de frappe (perçante, contondante, coupante, etc), on fera une quantité de dégâts différente. Autant dire qu’un bon coup d’épée en pleine visière relevée, ça assomme direct.
En bref, on pourrait s’attarder longtemps sur ce qui fait les points forts de Mount and Blade et ses points faibles, mais il ne faut retenir qu’une chose : vaut-il le coup face à son rival Chivalry : Medieval Warfare, qui est sorti dans les mêmes eaux ? Ça dépend. WotR est bien plus réaliste, que ce soit en termes de background que de réalisation purement graphique, et s’avère extrêmement customisable. En revanche, Chivalry offre des sensation très viscérales au corps à corps, avec des mécaniques excellentes, bien supérieures à celles de WotR, même si son archérie est très pâle, ainsi que sa personnalisation. Alors faites vos choix, sachant que les deux softs ont beaucoup de qualités.
Résumé
| Les + | Les - |
|---|---|
| Très belle réalisation, sensations de tir à l’arc et à l’arbalète, la customisation très très poussée de ses classes, la localisation des dégats | Peu de modes et de maps, le combat en mélée un peu flottant |
| Score du jeu : |













Pas encore testé mais c’est vrai que de ce que j’avais vu cette impression de « flotter » m’avait un peu géner, à voir !
Je vais regarder ce qui se passe du côté de Chivalry : Medieval Warfare aussi !
Je ne peux que conseiller d’effectivement jeter un coup d’oeil aux deux, effectivement. S’ils ne sont pas mutuellement exclusifs, je pense tout de même que le commun des mortels préférera soit l’un, soit l’autre, mais rarement les deux tout autant !
Chivalry est très bon. Beaucoup de fun, légèrement plus difficile à prendre en main qu’un Pirates Vikings and Knights II