Ne perdez pas le fil ! ASV ? Cui cui La télé Game Sphere

Torchlight II et Diablo III, c’est un peu une sorte de guerre froide qui s’est livré relativement à sens unique depuis quelques années. Tandis que Blizzard n’a jamais semblé inquiété par le jeu de Runic Games, qui a clairement pour vocation pourtant de suivre les traces de Diablo II de façon plus efficace que la licence de Blizzard, les développeurs ne se sont pas privés d’émettre des critiques publiques à l’intention du nouveau jeu de Blizzard. Mais avec les critiques et les taunts vis à vis du temps de développement de D3 vient également une obligation de résultat de la part de Runic Games, qui doivent donc assurer. Pari tenu ?

Le speech est simple : Torchlight II, c’est la suite pure de Torchlight premier du nom, qui lui même était une sorte de suite spirituelle de Diablo II, d’autant qu’une partie du staff de Runic Games provient de… Blizzard. La licence tire sa personnalité de son style cartoon qui, aux premiers abords, risque de faire un peu peur aux fans de Diablo II, habitués au sombre, au glauque et à l’hémoglobine. Mais que nenni, dans Torchlight, ça charcle et ça découpe, ça explose et ça dégouline tout autant, et au final on n’a là rien de plus qu’une petite entourloupe artistique, pour se permettre de pomper moins sur les ressources.

Disons le d’entrée de jeu, Torchlight II, c’est Torchlight en mieux. Niveau scénario, le vilain Alchimiste du premier opus n’est, en réalité, pas mort, et revient pour se venger, explosant au passage la dignité des héros du premier. Du coup, on se retrouve avec 4 nouveaux héros, correspondant aux quatre classes du soft (donc une de plus que le précédent) : le Berserker, l’Embermage, l’Outlander et l’Engineer. Chacun correspond à un stéréotype de hack’n’slash, mais pas que ! Car oui, contrairement à un autre HnS très connu et sorti récemment *Diablo 3*, dans Torchlight II, on fait un peu ce que l’on veut avec son perso.

En effet, à chaque fois que l’on monde un niveau, on peut répartir 5 points de statistiques dans les stats de son choix (Force, Dextérité, Focus, Vitalité), qui ont chacune un impact bien précis. Et à côté de ça, on a en plus 3 arbres de compétences, avec environ 11 compétences dans chacun des arbres, que l’on peut choisir librement à raison d’un point par level (et de 15 niveaux par compétences !). Alors, on fait moins l’malin maintenant, Diablo III, hein ? HEIN ??! Alors du coup, prenons par exemple l’ingénieur. Comme ça, à première vue, on le trouve déjà un peu mignon, avec sa dégaine steampunk, et son air pas trop sûr de sa fonction exacte. On lui met deux hachoirs dans les mains, on booste son premier arbre de compétences, et hop ! On a un monstre sanguinaire qui va faire fusionner 90% de ses ennemis avec le sol, puis ses chaussures. Mais on peut aussi lui filer un gros handcannon, comme le jeu les nomme si poétiquement, booster son deuxième arbre, et on va avoir un type, certes un peu moins viril, mais qui va courir, de loin, en déchiquetant ses ennemis au canon, et en invoquant toute sorte de petits robots bien pénibles.

Mais bon, on le sait, les hommes, les vrais, ils lui donneront une masse, un bouclier, et ils boosteront l’arbre numéro 3, histoire d’être plus ou moins invincible, et de se gausser au milieu des dépouilles de leurs ennemis, sous une pluie de sang, une lueur malsaine au fond des yeux, entourés de champs de force. Tout ça pour dire qu’en tout cas, il y a l’embarras du choix, et que refaire le jeu 2 fois avec la même classe peut offrir une expérience radicalement différente.

Et ça, c’est tout le jeu qui le soutient. Par exemple, le système d’équipement et de contraintes est un peu cocasse : au lieu de se borner à insulter toute la famille du joueur lorsqu’il n’a pas le niveau requis, le système de Torchlight II est un peu plus ouvert et tolérant. Ainsi, le joueur qui par exemple ne répondra pas au prérequis “niveau 26 minimum” sur une charmante paire de bottes aura également la possibilité d’avoir “42 en Focus & 32 en Vitalité”, pour compenser cela, et pouvoir les équiper. Ainsi, Torchlight II récompense les joueurs qui spécialisent leurs personnages, en leur permettant d’équiper de l’équipement plutôt sympa avant le level requis, et ça c’est classe.

Mais trêve de palabres, et abordons maintenant le principe même du jeu. Alors on le sait tous, c’est un hack’n’slash, donc ça se limite plus ou moins à détruire de façon originale, poétique et croustillante toute forme de vie cliquable, et ce à répétition en volant allègrement les richesses et équipements des pauvres choses que vous massacrez. Mais ce qui importe, c’est l’enrobage et cette formule, et on peut bien dire que celui de Torchlight II est plutôt alléchant. Ainsi, on a affaire à un hack’n’slash qui mise efficacement sur l’aléatoire. Toutes les zones du jeu, à part les villes, sont aléatoires. Alors non, Diablo III, ne vient pas quémander, avec tes “mais moi aussi j’suis tout aléatoire, une p’tite pièce silvouplé monsieur…”, ça sert à rien, on a bien compris que c’était du pipeau.

Là, on a affaire à du vrai aléatoire. Toutes les zones sont totalement random, de A à Z, que ce soit les premières, les dernières, les donjons, etc. En résulte une expérience qui, si elle ne change pas à 100% entre deux parties (car l’ambiance et le contexte général de chaque zone est, lui, fixé), change grandement et bien assez pour assurer une re-jouabilité généralissime  Même les ennemis, dépendants de l’endroit où ils sont, changent. Ainsi, dans la toute première zone du jeu, assez rapide et permettant de se familiariser avec le jeu, on pourra aussi bien rencontrer des campements de goblins remplis de trésors, mais aussi des repaires de bandits, et il est tout à fait possible de ne pas voir du tout certains types d’ennemis, à moins de recommencer le jeu.

Alors bon, il faut bien dire que Torchlight II ne rivalise pas avec un certain autre HnS récent que nous ne saurions citer, où les sensations de combat (du moins au corps à corps) sont franchement prenantes et viscérales (parce que oui, quoi qu’en dise Familles de France, faire exploser un goblin en 4 morceaux distincts à coup de hache, morceaux qui vont ensuite s’éparpiller sur tous les murs en laissant de grandes giclées de sang, c’est fun). Toutefois, on reste dans un registre un peu plus dynamique qu’un Titan Quest, avec un écran qui vibre, des ennemis qui explosent, et on en passe. Certaines armes, comme le shotgonne, ou le handcannon, procurent des sensations franchement sympa, même, et le tout est plaisant à jouer.

Au fil de sa progression, le joueur va donc augmenter en niveau, mais aussi en réputation. Tandis que les niveaux procurent des points de statistiques et de compétence à répartir, la réputation ne donne qu’un point de compétence, ajout toutefois non négligeable. Comme précisé précédemment, les arbres de compétences de T2 sont riches, et intéressants, chaque compétence active possédant 15 niveaux, dont 3 paliers (à 5, 10 et 15) changeant leurs effets (plus de portée, de projectiles, effets qui s’ajoutent, découpage de chatons, etc). Les compétences passives, au nombre de 3 par arbre (donc 9 par classes) n’ont pas de palliers, mais peuvent également être améliorées 15 fois.

Niveau équipement, on retrouve la classique découpe de la rareté, donc blanc, vert, bleu, violet, orange, soulignant bien à quel point une paire de pantoufles peut être badass, si elle s’appelle “The Executioner’s Bloody Greaves”, et est orange. Mais dans tout ceci, on oublie notre petit familier, qui est pourtant une des spécificités de la série. En effet, comme dans le premier opus, lors de la création du personnage, on peut choisir un familier parmi une petite dizaine. Celui ci, outre la classe inhérente au fait d’avoir un pékinois en pleine bataille, apporte quelques bonus : il combat à vos côtés, et vous pouvez le transformer pendant une durée limitée en lui donnant du poisson, il peut porter de l’équipement dans son sac, équiper un collier et deux insignes, et surtout retourner en ville pour vous, gratuitement, pour vendre des choses et rapporter des objets achetés (potions, parchemins, etc).

Alors bon, ça casse pas trois pattes à un canard, mais ça dépanne, et donne un peu de compagnie dans les donjons. Niveau durée de vie, difficile d’évaluer pour un jeu pareil. Le premier acte se termine en environ une dizaine d’heures, et faisant toutes les quêtes annexes, et le jeu en comporte cinq, de quoi assurer une durée de vie de qualité. Mais quand y en a plus, y en a encore, et au lieu de proposer un simple donjon infini que le premier opus, à la fin du jeu, T2 va plus loin. Une fois le jeu fini, un new game + s’offre à vous, donc recommencer le jeu en gardant votre perso, ses stats, son niveau et son équipement. Outre des nouveaux ennemis plus forts, ce NG+ vous fera également découvrir des nouvelles zones exclusives à ce mode, et vous pourrez aussi trouver des parchemins invoquant des donjons aléatoires.

En gros, quand vous finissez le jeu, vous l’avez pas fini. Et ça, c’est un concept qui, quand il est bien fait, et ici c’est le cas, est génial, offrant une durée de vie quasiment infinie. Ajoutez-y un support des mods avec le Steam Workshop quand les outils seront sortis, et on a un jeu qui peut être joué des années en se renouvelant. Et pas besoin de passer par les modes tutoriaux faceroll avant d’accéder enfin à du challenge, car Torchlight II propose de choisir la difficulté, et ce dès la première partie. Et même le mode normal n’est pas une promenade de santé.

Alors bon, comme dit précédemment, T2 c’est cartoon, mais ça n’en reste pas moins gore. La plupart des ennemis explosent en des gerbes sanguinolentes sous vos coups répétés, et dans l’ensemble, c’est quand même plutôt gore. Graphiquement, le jeu ne casse pas trois pattes à un canard, mais possède un petit moteur physique sympathique qui, couplé à des graphismes légèrement cartoon qui rendent plutôt bien, offrent une expérience satisfaisante. D’autant que le jeu tourne sur une large gamme de configurations, ce qui est toujours appréciable.

Niveau sonore par contre, c’est du tout basique. Doublages moyennement enthousiastes dans l’ensemble, bruitages normaux, bande son sympathique par moments, quelconque par d’autres, le travail n’emplit pas vos oreilles de petites fleurs, et est tout juste bon à soutenir le reste du jeu.

Terminons enfin ce teste qui s’est avéré plus dithyrambique que prévu en abordant le multi. Jouable jusqu’à 6 en même temps, T2 propose aussi bien du LAN que du online, privé que public, en adaptant les monstres aux joueurs, et en rendant le loot privé à chaque joueur, pour éviter les litiges avec ceux qui ninja lootent. Plus on est de fous, plus y’a de riz, comme on dit.

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Alors voila, la conclusion va finalement d’elle même : Torchlight II, c’est un Torchlight, en mieux. Plus de classes, de compétences, de monstres, de durée de vie, de challenge, de fonctionnalités, de rejouablilité, de mods… “Plus” est le mot définissant à la perfection Torchlight II, un peu comme pour Borderlands II, et on ne va pas l’en blâmer. Il ne surprend guère, n’innove en rien, mais propose une expérience très solide, riche de l’expérience des développeurs, qui plaira aussi bien au joueur invétéré de HnS qu’au petit nouveau qui veut découvrir le genre.

Review

ProsCons
Plus de tout, pour un contenu toujours plus fourni... Et pour un jeu toujours meilleur.Certains pourront regretter l’absence de réelle innovation, et la bande son qui reste un peu plate dans l’ensemble.
Rating
88%

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6 Commentaires

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  1. Avatar de MauvaisVitrier
    4 octobre 2012, 19 h 29 min

    “Car oui, contrairement à un autre HnS très connu et sorti récemment *Diablo 3*, dans Torchlight II, on fait un peu ce que l’on veut avec son perso.”
    Si on peut jouer en offline, c’est déjà mieux que Diablo 3. Est ce le cas ?

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    • Avatar de Faust
      4 octobre 2012, 19 h 37 min

      Yeah absolument, on peut jouer en offline. On peut jouer dans toutes les configurations possibles (offline, LAN, online) et ce quel que soit l’état de notre connexion.

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      • Avatar de MauvaisVitrier
        5 octobre 2012, 13 h 25 min

        Bien envie de me laisser tenter

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  2. 5 octobre 2012, 3 h 13 min

    Très bon test :)
    J’y joue avec des amis en mode vétéran et c’est pas mal difficile! Mais on s’éclate vraiment bien dessus :)
    Un vrai H&S à l’ancienne qui fait plaisir après la déception d’un certain action/aventure (D3) =)

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  3. 9 octobre 2012, 20 h 14 min

    Merci pour ce test qui m’a permis de découvrir un jeu que je ne connaissais pas !
    De plus on sent que le rédacteur de ce test est un passionné du bourrinage :)

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    • Avatar de Faust
      14 octobre 2012, 1 h 51 min

      M… Moi ? Mais non voyons :D

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